Bonne Maison, Tristan Barreiros Gueunier 

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Bonne maison, tristan barreiros gueunier

Épicerie Fine Française de l’Année  

“Les félicitations sont venues de partout” 

Le Monde de l’Épicerie Fine – Vous avez reçu le Prix Épicures de l’Épicerie Fine Française de l’Année. Que vous inspire cette récompense ? Vous attendiez-vous à remporter ce Prix ? 

Tristan Barreiros Gueunier - Recevoir le Prix Épicures de l’Épicerie Fine Française de l’Année a été un moment fort, à la fois émouvant et inattendu. Nous entrons à peine dans notre troisième année d’existence, et même si j’ai toujours été commerçant dans l’âme, il y a encore trois ans, je ne connaissais absolument rien au monde de l’épicerie fine : ni les marges, ni la façon de passer commande, ni la réalité des flux logistiques. C’est un univers très spécifique qui demande de la rigueur, de la curiosité et une vraie capacité d’adaptation. En zone rurale, c’est encore plus complexe : le dernier kilomètre est souvent un casse-tête entre les délais, les frais et les contraintes de livraison. Alors oui, cette récompense a une saveur toute particulière, parce qu’elle vient saluer un chemin parcouru à force d’apprentissage, de passion et de remise en question permanente. 

LMEF – Avez-vous communiqué autour du prix ? 

T.BG – Oui, nous avons partagé cette belle nouvelle sur nos réseaux sociaux et en boutique car c’était important de célébrer ce moment avec notre communauté. Mais ce qui m’a vraiment surpris, c’est l’écho qu’elle a eu au-delà. La semaine de mon retour à Charolles, les appels se sont succédé : la presse régionale bien sûr mais aussi le département de Saône-et-Loire qui a toujours été un grand soutien, ainsi que Le Grand Charolais qui accompagne activement le développement du tourisme dans notre belle région. Les félicitations sont venues de partout, y compris de clients fidèles, de confrères et même de personnes que je ne connaissais pas. Certains sont même venus spécialement pour nous dire bravo ou pour découvrir pourquoi nous avions été primés. Cette reconnaissance a renforcé notre visibilité, mais surtout notre lien avec le territoire. 

LMEF – Quand avez-vous créé votre commerce et pouvez-vous nous le présenter en quelques mots ? Nous dire ce qui fait sa différence ? 

T.BG – Bonne Maison est née en 2023, à Charolles, avec une idée simple : créer un lieu chaleureux, vivant, où l’on se sent aussi bien qu’à la maison. D’ailleurs, je dis souvent à mon équipe : “Recevez les gens comme s’ils entraient chez vous.” J’ai toujours été passionné par le lien humain, par la découverte et le partage. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est faire goûter de bonnes choses, observer ce petit sourire qui se dessine, les yeux qui pétillent… et entendre ce fameux “ah oui, ça, c’est bon !” C’est pour ces moments-là que j’ai créé Bonne Maison. Ce qui nous rend différents, c’est cette envie sincère de faire plaisir, de surprendre, de créer du lien. On cultive le goût des bonnes choses mais aussi du lien. Et tout cela en plein cœur de la Bourgogne rurale, ce qui lui donne un charme et un ancrage très forts. 

LMEF – Quels sont les ingrédients qui font qu’une épicerie fine peut trouver une place en ruralité ? 

T.BG – Il faut avant tout une vraie volonté d’ancrage local. En milieu rural, on ne vient pas “poser un concept” ; on s’intègre à un territoire, à un rythme, à des habitudes. Il faut comprendre les gens, leur parler simplement, leur proposer des produits qui ont du sens sans jamais être dans la prétention. L’authenticité est la clé. Ensuite, je dirais qu’il faut savoir créer une ambiance, un lieu où les gens aiment revenir, même sans acheter à chaque fois. Chez Bonne Maison, on vient autant pour un bon produit que pour un échange, un conseil, un moment. Enfin, la polyvalence est indispensable : il faut être commerçant, logisticien, communicant, parfois même psychologue (Rires) ! Et en zone rurale, la logistique est un vrai défi : les livraisons sont plus compliquées, le dernier kilomètre coûte cher, tout prend un peu plus de temps. Mais si on met du cœur et qu’on reste à l’écoute, les gens le sentent – et ils sont incroyablement fidèles. Mais il faut aussi une grande capacité d’adaptation. À Charolles par exemple, la clientèle évolue selon les saisons. 

LMEF – Comment voyez-vous évoluer votre activité dans les mois qui viennent ? 

T.BG – Toujours (Sourire) ! Je crois que quand on est entrepreneur, on a toujours une idée en tête, une envie de faire évoluer les choses. Pour Bonne Maison, les mois à venir seront rythmés par plusieurs axes : d’abord continuer à affiner notre offre en restant à l’écoute des saisons et des envies de nos clients. Ensuite, nous avons envie de développer davantage le côté restauration, notamment grâce à notre terrasse qui devient un vrai lieu de vie aux beaux jours. Et puis, à plus long terme, l’idée d’ouvrir une seconde boutique, à Cluny, fait son chemin. Mais je tiens à garder une croissance maîtrisée, cohérente avec nos valeurs : qualité, accueil, lien humain. 

Photos : © ABonfils